17/05/2006

De l'origine des Apaches unionistes

 
 

Les Apaches parisiens posent pour la photo
 
Nous ne connaissons pas l'origine exacte, la raison pour laquelle nos joueurs ont été affublés au début du 20ème siècle du surnom "Apaches". Ce dont nous sommes certains c'est que celui-ci a une relation directe avec les "Apaches parisiens", bandes de jeunes délinquants, connus pour leurs exactions et autres brutalités commises dans la capitale française. Ces petits criminels hantaient l'esprit des bourgeois de la Belle Epoque.
De l'origine des Apaches Parisiens:
Amélie Hélie, prostituée de son état, dite "Casque d'or", fut au centre d'une lutte sanglante entre deux bandes rivales en janvier 1902, celle de Leca et celle de Manda.
Certains historiens pensent que ce fait divers est à l'origine de l'expression "Apache" attribuée aux malfrats parisiens. En effet, Arthur Dupin, journaliste près "Le Petit Journal" relate le violent combat entre les deux souteneurs et leur bande de la manière suivante:
« Ce sont là des mœurs d’Apaches, du Far West, indignes de notre civilisation. Pendant une demi-heure, en plein Paris, en plein après-midi, deux bandes rivales se sont battues pour une fille des fortifs, une blonde au haut chignon, coiffée à la chien! »
C'est sans doute à partir de ce moment-là que la presse commencera à utiliser régulièrement ce terme pour désigner les bandes de voyous qui sévissent dans les grandes villes.
D'autres historiens soutiennent qu'ils se seraient eux-mêmes surnommés ainsi, fascinés par les récits exotiques d'une littérature à quatre sous.
Il est vrai qu'à cette époque, les Apaches d'Amérique du Nord sont bien connus de la population française grâce notamment à la presse qui abreuve le lecteur de récits réels ou imaginaires en provenance du lointain Far West, récits souvent déformés et grossis, empreints de brutalités et de faits sanglants !
Par aileurs, Buffalo Bill et sa troupe, en partie composée d'une centaine d'Indiens, sillonnent l'Europe entière depuis la fin du 19ème siècle. Les représentations données par le "Buffalo Bill Wild West Show" véhiculent une image terrifiante des Peaux-Rouges auprès des populations!
De l'origine des Apaches Saint-Gillois:
En parcourant la presse sportive, on constate que durant la saison 1902-1903, le jeu unioniste était assez rude et violent. Il n'est pas rare que l'équipe adverse perde l'un ou l'autre de ses joueurs au cours de la rencontre du fait des brutalités commises par les Saint-Gillois! Il est donc assez facile d'établir le lien entre le surnom donné aux malfaiteurs parisiens et la phalange unioniste.
Une deuxième hypothèse, développée dans la publication "Union Saint-Gilloise - 1904 - Naissance de la légende", se fonde quant à elle sur l'origine sociale des jeunes unionistes pour établir ce lien. En effet, tout comme les Apaches de Belleville et d'autres quartiers populaires de la Ville Lumière, notre équipe était probablement constituée dans sa grande majorité de joueurs de condition modeste.
Alors, jeu brutal ou jeunes de classes populaires? Il y a assurément un peu de tout cela chez nos Apaches Saint-Gillois!

G vanderstappen

Gustave Vanderstappen, capitaine des "jaune et bleu" était surnommé "Casque d'Or"


Sources: "Historia" N° 712 - Avril 2006
"U.S.G.-1904 - Naissance de la légende", Fabrizio Basano
http://perso.wanadoo.fr/musette.info/

19:13 Écrit par Union 1897 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/05/2006

 1903-1904 La consécration

 
 
Je ne peux aborder la saison 1903-1904 sans évoquer l'excellent livre écrit par mon ami Fabrizio "Union Saint-Gilloise - 1904 - Naissance de la légende", que je vous recommande chaudement.
Plus qu'une simple publication sur la campagne qui verra les "jaune et bleu" décrocher leur premier titre de champion de Belgique, ce livre vous emmène avec passion dans le monde des pionniers du football belge.
 

 
Dès lors, cet article se limitera à porter une attention plus particulière à la Coupe Van der Straten- Ponthoz et au challenge International du Nord.
Comme à l'accoutumé, peu de changement dans l'équipe. Seuls deux joueurs viendront rejoindre le noyau de la saison précédente, Alexandre Wigand et Edgard Poelmans.
Le premier a débuté à l'Union en 1898 dans l'équipe junior. Après un passage à l'Athlétic où il disputera la finale de division III, il rejoindra l'Olympia, club avec lequel il gagnera le championnat de Division II en 1901-1902. A vingt-trois ans, il rentre à l'Union, son club d'origine. Ayant le sens du dribble en mouvement, doté d'une rare vitesse, Wigand est l'un de ces joueurs qui enthousiasment le public!
La seconde recrue, malgré ses vingt printemps, n'est autre que le joueur vedette de l'Olympia ! Poelmans est réputé pour son coup de pied puissant, sa rapidité et son tackling net et sûr.
Son passage à l'Union se fera de manière anecdotique ! En effet, comme le permettait le règlement de l'époque, Poelmans est affilié aussi bien à l'Olympia Club qu'à l'Union Saint-Gilloise. Toutefois, ce même règlement oblige un joueur ayant débuté le championnat sous une couleur de terminer celui-ci avec ce même cercle. Hasard du calendrier, le premier match officiel de la saison oppose les joueurs de l'Olympia aux Unionistes ! A quelques minutes du coup d'envoi, "Poupoule" - surnom donné à Edgard Poelmans - est repris sur la feuille de match en tant que joueur de l'Olympia. Quelle ne fut pas la surprise des dirigeants locaux, lorsqu'ils virent leur star troquer son maillot "rouge et vert" qu'il portait en entrant sur le terrain contre celui des "jaune et bleu"! Que s'est-il passé dans les vestiaires? Pourquoi Poelmans décida-t-il de passer dans l'autre camp au dernier moment? Mystère...
Par ailleurs, le jeune Joseph Vanderstappen, gardien de but de l'équipe scolaire de l'Union Saint-Gilloise, remplacera Jean Van Bellinghen entre les perches.
Encore un petit mot sur le règlement. C'est à partir de la saison 1903-1904 que le forfait d'une équipe sera sanctionné par le score de 5-0.
Et de forfait, il en est un dont l'Union bénéficiera le 17 avril 1904, le Léopold Club ne pouvant aligner un effectif suffisant pour débuter la rencontre.
Autre époque, autres moeurs, les spectateurs présents assisteront malgré tout, pour leur plus grand plaisir, à une partie amicale entre les deux cercles. Deux joueurs de l'Union iront rejoindre l'équipe mixte des "blanc et rouge" et la partie pourra commencer. A l'entame du second half-time, l'Union mène par 5-1 et pour mieux s'entraîner, Joseph Vanderstappen, notre goal-keeper passe dans le camp adverse. Autant dire qu'il a vraiment vu le feu pour la première fois au cours de la saison. Score final: 8-1 pour les Unionistes.
C'est aussi au cours de cette saison  que le légendaire "dernier quart d'heure" trouve son origine. En effet, à l'entame des 15 dernières minutes, Paul Grumeau avait pris l'habitude de lancer à ses équipiers "Allez les gars ! Le dernier quart d'heure ! Tout ce que vous avez encore dans le ventre !" et c'est ainsi que de nombreuses rencontres tournèrent à l'avantage des "jaune et bleu" durant l'ultime quart d'heure.


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Assis de gauche à droite: Max Tobias, Alexandre Wigand, Gustave Vanderstappen, Pierre Destrebecq, Charles Vanderstappen. Milieu: Guillaume Vanden Eynde, Paul Grumeau, Jack Romdenne. Haut: François Leroy, Joseph Vanderstappen, Edgard Poelmans

 

 
Coupe Van der Straten-Ponthoz
 
La cinquième édition du splendide Challenge International Van der Straten, réunit principalement des équipes hollandaises et belges.
En 1/8 de finales, l'Union sera opposée au F.C. Liégeois.
Trois absents de marque au sein de l'équipe Saint-Gilloise: Romdenne, Tobias et Grumeau. Cela n'empêchera pas les "Apaches" de battre les Liégeois 2 buts à 1 !
Au tour suivant, l'Union hérite des Hollandais du H.B.S., équipe en provenance de La Haye. Ce match est considéré comme le clou du tournoi et c'est donc devant un public très nombreux que les équipes s'alignent. Les deux teams sont au complet et développent de part et d'autre un jeu chatoyant. Toutefois, les "jaune et bleu" se montrent supérieurs durant presque toute la première mi-temps et c'est logiquement que Wigand ouvre le score après avoir réceptionné un centre venu de la gauche et évité un défenseur adverse.
Les Hollandais égaliseront peu de temps après mais, la réponse ne se fera pas attendre! L'Union repart en force et marque le deuxième goal juste avant la mi-temps.
A la reprise, les Unionistes subiront le jeu mais continueront à mettre plusieurs fois le but du H.B.S. en réel danger et ce malgré le pressing des bataves. La fin du match approche, la défense unioniste plie mais ne rompt pas! Il reste une minute à tenir, coup franc à vingt mètres pour les Hollandais, shoot et égalisation... suivi du coup de sifflet du référé... qui a vu un off-side! L'émotion du public à peine passée que cette fois, l'arbitre met fin à la partie.
La demi-finale ne sera pas jouée, le Daring C.B. déclarant forfait après avoir écarté l'équipe rotterdamoise du Céléritas F.C.
C'est donc le mardi 5 avril que se joue au Léopold Club, la grande finale entre le Racing C.B. et l'Union Saint-Gilloise.
Pour se hisser en finale, les "noir et blanc" n'ont eu qu'un seul match à disputer contre le Beerschot. Plus de 1.000 personnes ont bravé la pluie et le vent pour assister à cette rencontre entre le champion en titre et son dauphin! L'Union aligne ce qu'elle a de mieux tandis que le Racing doit se passer de son gardien vedette "le Bolide".
Le départ est sensationnel, Wigand score après vingt secondes de jeu ! Le Racing réplique (1-1) avant de prendre l'avantage (1-2). Les "Apaches" reviendront à égalité peu avant le repos et c'est sur le score de deux buts partout que les équipes regagnent le vestiaire. Dès la reprise du jeu, les Racingmen marquent un troisième goal. L'Union part à l'assaut du but adverse et pendant trente minutes, une lutte superbe s'engage entre l'attaque "jaune et bleu" et la défense du Racing. Le public est tenu haletant par le suspens, l'Union va-t-elle égaliser?... La réponse est non !
Fatiguée de son gigantesque effort, l'Union s'éteint peu à peu, laissant la victoire et la coupe au Racing Club de Bruxelles. Ce match sera catalogué par les chroniqueurs comme l'un des plus remarquables de la saison.
Finalement, le Racing sera dépossédé de la coupe suite à la réclamation déposée par les officiels de l'Union!
Ces derniers contestèrent la qualification de deux joueurs ayant participés à la finale.
Déboutée en premier ressort, l'Union fit appel auprès du Comité central de l'U.B.S.S.A.
En séance du 27 avril 1904, la décision du Comité organisateur sera rapportée et l'Union déclarée vainqueur de la Coupe.
 

 
Challenge International du Nord
 
Autre succès important pour les Saint-Gillois au cours de cette saison 1903-1904, le Challenge International du Nord reviendra aux Unionistes au terme d'une finale disputée contre United Sports Club, les champions parisiens.
Mais avant d'accéder à la finale, les "jaune et bleu" écarteront successivement le Daring C.B. (4-0), l'Iris Stade Lillois sur le score sans appel de huit buts à zéro et le R.C. Roubaix, lequel déclarera forfait.
C'est donc deux champions qui s'affronteront le 8 mai 1904 à Tourcoing devant 500 spectateurs, sous une pluie battante. Les Parisiens, impuissants face à la vitesse d'exécution des Unionistes encaisseront cinq buts avant que l'arbitre n'arrête la rencontre à une demi-heure de la fin pour cause de terrain devenu impraticable.
Saison remarquable donc, avec à la clé le titre de champion de Belgique, le premier d'une longue série!


1904 bordure

Les Champions de Belgique 1903-1904 posant avec la Coupe aux pieds du Capitaine Gustave Vanderstappen

 

Résultats de la saison

 

tableau 1903
 
tableau 1903 b
 

Sources:

"Union Saint-Gilloise - 1904 - Naissance de la légende" auteur: Fabrizio Basano

"La Vie Sportive"

"Kroniek van het Belgisch voetbal - Deel 1" Auteurs: Jean Fraiponts en Dirk Willocx

Cet article a été réalisé grâce à  l'aide reçue de l'asbl FOOT 100: http://www.foot100.be/francais.htm

00:04 Écrit par Union 1897 dans Histoire 1900 - 1910 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/05/2006

1902-1903

Après s’être penché sur la montée en division 1 ainsi que sur notre première saison parmi l’élite, nous aborderons la campagne 1902-1903, mais cette fois sous un angle quelque peu différent !


En effet, nous survolerons les rencontres disputées dans le cadre du championnat pour mieux nous attarder sur les principaux tournois et autres matches auxquels participèrent nos « Apaches »


Mais parlons-en des « Apaches ». A cette époque - en décembre 1902 plus précisément – Buffalo Bill et sa troupe « le Buffalo Bill’ Wild West Show » entreprennent une tournée d’adieu de quatre ans à travers l’Europe entière et notamment en Belgique. L’impact auprès des populations européennes est énorme, dû en grande partie à la présence d’une centaine de peaux-rouges plus terrifiants les uns que les autres et présentés comme des êtres sauvages et cruels ! C’est en raison du jeu brutal et agressif pratiqué par les joueurs « jaune et bleu » que ce surnom a été donné à ces derniers. Il est à noter que deux d’entre-eux – Guillaume Vanden Eynde et Isidore Staatje – sont cités respectivement à la première et seconde place des joueurs les plus durs de la saison 1902-1903 !


grumeau  bis

Paul Grumeau

Par rapport à l’équipe précédente, deux nouveaux incorporent le noyau. Il s’agit du très élégant Maurice Tobias alias « Max » en provenance du Racing Club de Bruxelles et de Paul Grumeau du Skill Club. Ce dernier fera également office de secrétaire, pour le plus grand bonheur du club saint-gillois et occupera de 1908 à 1921 le poste de Président.             

                                          

tobias blog

Max Tobias

Durant l’entre-saison, le terrain sera complètement clôturé de planches, fait qui sera fort remarqué par les spectateurs lors du match d’ouverture.

En ce qui concerne la composition des séries, l’Union est à nouveau versée dans le groupe Est en compagnie de l'Athlétic R.C.B. et de son grand rival Bruxellois, le Racing C.B. !
Cela fait maintenant deux saisons que les Unionistes nous ont habitué à un départ en fanfare et il n’en sera pas autrement en ce début de championnat 1902-1903 !
Jugez plutôt :
-victoire à domicile par 8 buts à 3 contre le F.C. Liégeois ;
-victoire 2-5 à l’Athlétic R.C.B. ;
-victoire 0-2 au Racing C.B. ;
Match sensationnel mais malheureusement fort brutal. Le public assez nombreux est estimé à 700 personnes y compris le public qui regardait le long des clôtures, d’où l’intérêt de fermer complètement les terrains par des palissades ! Au moment du coup d'envoi, seulement sept joueurs se présentent sur la pelouse du côté des « noir et blanc », heureusement pour le spectacle, Feye puis Chibert suivi de Grimshaw prendront rapidement leur place sur le terrain. Par contre, il faudra plus d'une demi-heure à Renier pour rejoindre ses coéquipiers !
-victoire à domicile 6-1 contre le F.C. Verviers ;
-victoire 2-4 au F.C. Liégeois ;
-victoire à domicile 8-1 contre l’Athlétic R.C.B. ;
Cette belle série sera interrompue lors de la visite du champion en titre qui s’imposera sur le petit terrain de l’Union par 2 buts à 4. La rivalité entre les deux équipes est telle que le match dégénère à plusieurs reprises, dû principalement aux brutalités non sanctionnées par l’arbitre. Les joueurs, excités par le public, s'en donneront à coeur-joie et c'est par miracle qu'aucun accident ne se produira.
Malgré cette défaite, l’Union est assurée de participer au tour final et déclarera forfait pour son dernier déplacement du tour préliminaire au F.C. Verviers.
Le tour final commence on ne peut mieux pour l’Union qui s’impose 0-1 au Léopold Club. Pour sa part, le Racing C.B. écrasera le Beerschot à Anvers (1-5).
Mais c’est la rencontre suivante qui est attendue avec impatience. Comme toujours lors des matches entre le Racing et l’Union, il ne faudra pas attendre longtemps avant que la tendance à jouer l’homme n’apparaisse, les coups sur les jambes et les croches-pieds à l’adversaire étant monnaie courante, une fois de plus dira-t-on ! A 15 secondes de la fin l’Union tient le partage (1-1), moment choisi par Blanchard pour trouer les filets Saint-Gillois d’un shot à toute volée (2-1)!
Voici en chiffre la suite du parcours des « jaune et bleu » dans ce tour final :
défaite 2-1 au Beerschot;
victoire difficile 2-1 contre un Léopold Club affaibli;
défaite 1-3 à domicile contre le Racing C.B.;
par cette victoire, le Racing C.B. est sacré champion pour la quatrième fois consécutive. A noter, les brutalités déplorables qui n'ont cessé tout le temps du match, mais était-ce à préciser!
victoire par forfait contre le Beerschot.
Le Beerschot et l'Union étant arrivés à égalité des points à l'issue du tour final, il faudra organiser un match pour désigner le second du championnat. Joué dans les installations du Léopold club devant un public clairsemé, l'Union l'emporte par 4 buts à 1.
Voici l'équipe qui s'alignera tout au long du championnat:
Jean Van Bellinghen, François Leroy, Constant Delobbe, Charles Leten, Joseph Romdenne, Paul Grumeau, Pierre Destrebecq, Maurice Tobias, Gustave Vanderstappen, Guillaume Vanden Eynde, Charles Vanderstappen.
Seule modification lors du test match contre le Beerschot: Vanderstappen Joseph et Isidore Staatje seront titulaires.
Outre le championnat, les deux grands événements footbalistiques en Belgique en ce début de siècle sont: Le Tournoi International du Nord aussi appelé Coupe de Tourcoing et la Coupe Van der Straten-Ponthoz.
Pour être complet, mentionnons la Coupe Belge qui, sans être un tournoi majeur, réunit les meilleures équipes belges du moment.



La Coupe Van der Straten - Ponthoz

 

 

La coupe Van der Straten-Ponthoz

Créée en 1899 à l'initiative du comte du même nom et organisée par le Léopold Club dont il est le président d'honneur, ce tournoi est la première grande manifestation sportive internationale mise sur pied en Belgique.
En effet, la première édition voit la participation des équipes championnes des Pays-Bas (Haagsche V.V.) et de Suisse (Grasshopper Club). Par la suite, d'autres équipes ayant une certaine renommée se produiront dans les installations du Léopold Club.
Le tournoi, étalé sur les trois jours du week-end pascal, deviendra très vite l'événement de la saison. Le Prince Albert honorera d'ailleurs à deux reprises les organisateurs par sa présence, marquant ainsi son intérêt pour les sports athlétiques! C'est lors de la troisième édition que l'Union participera pour la première fois à l'épreuve. Elle se fera éliminer en quart de finale par les Hollandais de Dordrecht F.C. (8-2)!
En 1902-1903, l'Union aura l'occasion d'affronter l'équipe anglaise du Pilgrims F.C. composée d'anciens étudiants du Collège de Brighton.
La partie se déroulera sous le regard intéressé du Prince Albert, venu assister pour la seconde fois au tournoi, lequel se fera expliquer en détail la technique du jeu et ce malgré le froid, la neige et le vent qui soufflera en bourrasque durant toute la rencontre!
Les Unionistes, quoique dominés dans le jeu, tiendront tête aux Pilgrims et regagneront les vestiaires à la mi-temps en tenant le partage (1-1). La supériorité manifeste des Anglais se traduira en deuxième mi-temps par un festival de buts et la partie se terminera sur le score de six buts à un pour le Pilgrims F.C. !



La Coupe de Tourcoing
Créé en 1897-1898 et organisé par le Sporting Club Tourquennois, le Challenge International du Nord est l’un des plus anciens tournois répertoriés en 1903.
A une époque où les matches entre équipes nationales n’existaient pratiquement pas, ce type de tournoi opposant équipes françaises et belges, permettait de mesurer la suprématie d’une nation sur l’autre !
Un tour préliminaire était disputé en Belgique afin de sélectionner l’équipe qui représenterait la Belgique à Tourcoing, dans le Nord de la France.
L’édition 1903 verra l’Antwerp F.C., tenant de la coupe, automatiquement qualifié pour les quart de finale. L’autre représentant belge, sorti pour sa part des qualifications, sera le Racing C.B., champion de Belgique en titre.
Toutefois, il s’en faudra de peu que l’Union prenne la place des racingmen lors de cette 6ème édition !
En effet, après s’être débarrassé du F.C. Liégeois (forfait) et du Daring C.B. (7-1), les Unionistes doivent rencontrer en finale des éliminatoires, le Racing Club de Bruxelles.
La rencontre programmée le 8 mars 1903 n’aura pas lieu et pour une raison qui m’est inconnue, les « jaune et bleu » seront déclarés « forfait ». Plainte sera déposée par l’Union auprès du comité tourquennois qui décidera de faire rejouer la partie.
Celle-ci, aura lieu le 26 avril 1903 et au terme du temps officiel, les deux équipes se retrouve à égalité (2-2) ! Après quelques discussions sur la réglementation à appliquer, on décide de jouer un extra-time de deux fois quinze minutes. A l’issue des prolongations, le score n’a pas évolué et un nouvel extra-time de deux fois dix minutes est joué. Ce second extra-time ne donnant rien, les deux équipes quittent le terrain ne sachant lequel des deux cercles ira à Tourcoing.
Après des pourparlers sans fin, les organisateurs du tournoi prendront finalement la décision d'écarter l'Union au profit du Racing Club de Bruxelles. Le Comité avancera comme justification, le fait que l'Union devait disputer le jour de la finale à Tourcoing, son match contre le Beerschot pour l’attribution de la seconde place du championnat de Belgique ! Nouvelle plainte déposée par les Unionistes. Entre-temps, le Racing C.B. s’attribuera la coupe en battant en finale le R.C. Roubaix alors champion de France.
La plainte de l’Union ayant abouti favorablement, la finale des éliminatoires devra être rejouée le 21 mai 1903 et fort heureusement pour les organisateurs du tournoi, sera perdue par l’Union (3-0) !



La Coupe Belge
Créée lors de la saison 1901-1902 à l'initiative de l'Athlétic and Running Club de Bruxelles, l'intérêt de la Coupe Belge réside dans le fait que les équipes doivent être exclusivement composées de joueurs belges, et qu'elle permet des rencontres entre clubs de division qui n'ont pas eu l'occasion de se mesurer entre eux. On se souviendra que lors de la première édition, les Unionistes perdirent la finale dans des circonstances plutôt grotesques.
Les revoilà en finale, contre le Léopold Club, après avoir écarté le club organisateur par 4 buts à 1.
Devant un public relativement restreint, la rencontre très disputée se soldera par un match nul (1-1). Un extra-time sera joué, lequel ne laissera l'avantage ni au Léo, ni à l'Union (2-2). Au lieu de disputer un deuxième extra-time, décision est prise par la majorité des joueurs du Léopold de laisser la coupe aux Saint-Gillois. Pour officialiser la décision, le capitaine des « rouge et blanc » poussa un« three cheers » pour l'Union!
Deuxième du championnat et vainqueur de la Coupe Belge, la saison 1902-1903 confirme donc tout le bien pensé des Saint-Gillois!

 


Résultats de la saison

tableau 1902 b
tableau 1902

22:20 Écrit par Union 1897 dans Histoire 1900 - 1910 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |