18/01/2007

1908-1909

 

Nouvelle saison, nouveau terrain de jeu pour l'Union qui prend ses quartiers à la rue de Forest, (actuellement rue Joseph Bens) à quelques mètres à peine de ses anciennes installations ! (*)

Nouveau Président également puisque Charles Barette cède sa place à Paul Grumeau qui cumulera les fonctions de Président avec celle de joueur !

Au niveau de l'équipe, quatre nouvelles têtes font leur apparition durant la campagne de préparation. Tout d'abord, Georges Mathot, le redoutable attaquant du Racing C.B. passe à l'Union. Stratégie pour affaiblir l'équipe championne ou volonté de constituer une équipe capable de reconquérir le titre...?

Ensuite, Lefebvre, brillant joueur du Daring ainsi qu'Albert Moons, issu du même cercle, viennent renforcer la ligne médiane saint-gilloise. Enfin, les Apaches accueillent en leur sein le citoyen britannique Thomas Tweedle. Ce dernier constituera l'ultime rempart unioniste en lieu et place de Joseph Vanderstappen. 

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A cette époque, la réglementation concernant les transferts était simple: tant qu'un joueur n'avait pas revêtu le maillot de son club en match officiel, ce dernier était libre de rejoindre l'équipe de son choix !

Inquiets des intentions de Tobias et Vanden Eynde - ce dernier ayant participé à tous les matches d'avant-saison avec le Racing de Malines - les dirigeants convoquent, une semaine avant le premier match officiel contre le F.C. Liège, l'ensemble des joueurs et leur demandent de prêter serment à l'Union, ce qu'ils font en prononçant cette phrase: "nous jurons de jouer uniquement pour l'Union et pour aucun autre club".

Pour plus de sécurité, les dirigeants décident de se rendre, la veille du match, à Liège pour y loger. A l'heure du départ, Tobias est présent tandis que Vanden Eynde manque au rendez-vous! Pendant que l'équipe s'embarque pour la principauté, Romdenne et Grumeau - deux anciens serviteurs du club - se mettent à la recherche du rebelle. Introuvable, nos deux limiers se postent devant le domicile du fantasque milieu de terrain saint-gillois. Vers minuit, celui-ci apparaît en compagnie d'un inconnu originaire de Malines. Ils se quittent sur ces mots "A demain donc...". A peine le Malinois parti, notre duo procède à l'enlèvement de Vanden Eynde qui se retrouve, quelques minutes plus tard, dans une chambre à l'hôtel "Cosmopolite" situé place Rogier. Cette nuit là, Romdenne et Grumeau dormirent d'un oeil.

Le lendemain, nos trois amis se rendent dans la bonne ville de "Charlier la jambe de bois" mais se gardent bien de rejoindre le reste du groupe, suspectant la présence d'un comité d'accueil malinois ! Une stratégie est donc mise en place. Romdenne et Vanden Eynde qui doivent prendre part au match, s'habillent dans un café voisin du stade et surgissent au dernier moment  des pourtours enjambant les balustrades pour retrouver leurs camarades déjà sur la pelouse. C'est ainsi que Vanden Eynde restera un Apache !  Par contre, Lefebvre qui avait participé aux matches préparatoires avec l'Union, s'aligne avec le Daring en déplacement au Beerschot ! 

Tweedle, non qualifié, assiste quant à lui  à la victoire de ses équipiers le long de la touche, lesquels ne font qu'une bouchée des principautaires (1-8).

Le 11 octobre 1908, les Saint-Gillois disputent leur premier match officiel de division I sur le nouveau terrain. Le C.S. Brugeois se défend vaillamment mais ne peut empêcher la défaite (4-0).

Mais voilà que s'annonce déjà "le derby" bruxellois par excellence. L'Union se déplace au "Vivier d'oie" lors de la cinquième journée du championnat. Les pronostics vont bon train et donnent un léger avantage aux "jaune et bleu". Dès une heure et demie, de longues files se forment autour des guichets du Racing. La foule, estimée à 5.000 personnes, est au rendez-vous.

Une formidable lutte entre les deux adversaires s'engage. Jusque là très équilibrée, à dix minutes de la fin du premier time la partie va tourner en faveur de l'équipe locale suite à la sortie sur blessure de Coyette, le back unioniste. Réduite à dix hommes - les remplacements n'étaient pas autorisés à cette époque - l'Union se regroupe en défense et procède par contre. Le Racing, incapable de profiter de sa supériorité numérique, concède un point aux Apaches. les deux équipes se quittent sur un score vierge (0-0).

Racing-Union 1908 blog

Cliché du match Racing C.B. - Union du 1er novembre 1908

 

Au programme de la septième journée, un autre grand derby bruxellois... Daring-Union. Les Daringmen confirment leur statut d'outsider en prenant l'ascendant sur les Unionistes dans les dernières minutes du match (3-2) mais c'est sans compter sur l'abnégation des Saint-Gillois qui égalisent à trois minutes du terme - score final 3-3!  

Après 8 matches , l'Union est deuxième au classement et compte un point de retard sur le F.C. Brugeois, leader de la compétition qu'elle rencontre le 29 novembre à Bruges.

Pour ce match, plus de 200 supporters unionistes rallient la "Venise du Nord" en train. Face à eux, plus de trois mille Brugeois dont la mauvaise réputation n'est plus à faire.

En première mi-temps, l'Union rate plusieurs belles occasions. A la reprise, lentement mais sûrement, les Brugeois prennent le jeu à leur compte mais paradoxalement c'est l'Union qui ouvre le score ! A un quart d'heure de la fin, les "blauw en zwart" égalisent dans un brouhaha indescriptible. Le score ne changera plus malgré les assauts incessants des Nordistes. Ce bon résultat permet aux Unionistes de rester dans le sillage de Bruges.

De faux pas, les Saint-Gillois n'en commettent plus jusqu'à la fin de la saison hormis le nul  qu'ils doivent concéder au Cercle Sportif Brugeois (3-3).

 

 

 

 

(*) voir "terrain 1908-1919"

 

20:03 Écrit par Union 1897 dans Histoire 1900 - 1910 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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