09/01/2008

Saison 1910-1911

L'équipe championne s'adjuge les services de Paul MATHEN, ex-sociétaire du Standard CL.

Mathen 1913

 

En guise de préparation au championnat de Belgique, les « jaune et bleu » prennent part au tournoi de l’Exposition de Bruxelles. Ce dernier débute le 14 août et voit l’Union atteindre la finale après avoir éliminé successivement le RC Malines, le Standard et le FC Brugeois.

La supériorité du team saint-gillois se vérifie tout au long de l’épreuve et principalement lors de la finale gagnée par 5 buts à zéro au détriment du SC Courtraisien.
Une semaine plus tard, les mêmes acteurs se retrouvent dans la cité des éperons d’or pour le match inaugural du championnat de Belgique. L’Union sort victorieuse de la joute mais avec difficultés cette fois (2-3).
La belle forme affichée par nos apaches, durant les matches de préparation, s’envole subitement lors de la deuxième journée. A la surprise générale, l’Union subit une cuisante défaite des œuvres de l’Antwerp FC (2-5).
La suite est tout aussi catastrophique pour le club saint-gillois avec une défaite au FC Brugeois (2-1), puis au Daring CB (2-0) et enfin contre le Racing CB (0-2). Si bien qu’après 5 rencontres, l’Union ne comptabilise que 2 petites unités occupant la peu enviable 9ème place au classement général !
Heureusement, la série noire s’arrête le 16 octobre 1910 avec la venue du Standard. Les Liégeois feront les frais d’une trop longue période de disette unioniste (5-2). Mais la grande forme n’est pas encore au rendez-vous pour autant ! En effet, malgré une belle prestation des « jaune et bleu » contre des standarmen avant dernier du classement, les joueurs saint-gillois sont toujours à la recherche de leur jeu fait de passes rapides et précises.
Cette constatation se vérifie la semaine suivante contre le Léopold Club. L’Union, mise en difficulté, doit concéder le nul sur ses terres face à un adversaire encore plus mal loti qu’elle. Mais ce jour là, les dieux sont Saint-Gillois car, à douze minutes du terme, l’arbitre interrompt la partie pour cause d’obscurité. Le match devra être rejoué au terrain de la rue de Forest, heureusement dira t-on !
En quête de points, les Apaches se doivent de battre leur opposant direct, le RC Malinois. Ce sera chose faite au coup de sifflet final d’une partie largement dominée par les « jaune et bleu » (4-0). Grâce à cette victoire, l’Union passe son adversaire du jour et grappille une place au classement général.

La suite du programme est plus ardue. En effet, lors de la 9ème journée, les Unionistes se rendent au Beerschot, déplacement toujours périlleux pour Poelmans et ses hommes. Menés 2-0, les Saint-Gillois son sur le point de perdre pied et évitent de justesse un troisième but avant de réduire l’écart par l’entremise de ce diable de Hebdin. Au lieu de 3-0, le marquoir affiche un 2-1 prometteur pour la suite du match. Stimulés par ce succès, les Apaches foncent vers le but adverse pour tenter d’égaliser. Sur l’une des dernières attaques unionistes, le ballon est mis en corner. Carion se charge de le botter, envoie le ballon dans la mêlée d’où surgit trois unionistes qui propulsent le cuir dans les filets (2-2) à la dernière seconde !   

Le Cercle Sportif Brugeois, autre gros poisson de la compétition, en lutte avec son voisin et rival du Football Club pour le titre de champion de Belgique, prend la mesure d’une équipe « jaune et bleu » décidément bien incapable de reproduire le football champagne qui a fait sa renommée (2-0).

Dans la grisaille, il y a malgré tout quelques éclaircies comme le 4-1 face à l’Excelsior SC ou le 8-0 contre la faible équipe du SC Courtraisien. Toutefois, à la mi-championnat, la déception est de mise pour l’ensemble des sympathisants unionistes, peu habitués à une bien modeste 7ème place au général.

Les joueurs se doivent de réagir, ce qu’ils font dès le premier des matches retour en allant s’imposer difficilement à l’Antwerp (1-2). Déterminés, lorsqu’ils n’arrivent pas à imposer leur jeu par la technique, c’est la force qui est utilisée… il faut bien justifier le fait d’être un « Apache » !  Les Brugeois du Football Club en savent quelque chose. Menés 0-2 après 15 minutes de jeu, les Saint-Gillois vont changer de tactique afin d’éviter la forte pile. Désormais, tout Brugeois en possession du ballon et un temps soit peu dangereux sera impitoyablement fauché. Un genou par-ci, un coude par-là, un pied brugeois démis et cela marche ! Aidé par les acclamations du public « Allez l’Union, rentrez dedans ! le score passe à 4-2 en faveur des Unionistes.

Après quatre succès de rang, le comité de l’Union, qui souhaite profiter de cette spirale positive, prend toutes les mesures nécessaires afin que le terrain soit praticable pour le Derby face au Daring de Bruxelles, on n’est jamais trop certain du temps un 8 janvier ! Ceci étant, place au match.

Le Daring (4ème) prend immédiatement la direction des opérations et alerte à plusieurs reprises Henry LEROY, l’international unioniste. Mais bien vite les échanges s’équilibrent et l’Union parvient à prendre l’avance peu avant la mi-temps grâce à une tête de MUSCH sur corner. Le résultat sera préservé jusqu'à la fin des hostilités grâce à une défense unioniste en grande forme (1-0). Cette victoire, permet à l'Union (5ème) de recoller au peloton de tête.

Nouveau derby, contre le Racing de Bruxelles cette fois. Malgré les efforts du Comité local pour rendre le terrain jouable, nombre de joueurs voient leur équilibre réduit, certaines parties du sol étant recouvertes de neige verglacées. A ce petit jeu, les Unionistes sont les plus forts et enlèvent la partie par le plus petit écart (1-2).

Cette belle série de 6 victoires consécutives sera stoppée nette par le Léopold club de Bruxelles (3-2). Les supporters unionistes, venus en masse pour soutenir leur équipe, se feront remarquer négativement en fin de rencontre. Alléguant un arbitrage partial de Monsieur VAN PRAAG, environ trois cents spectateurs envahissent le terrain dans le but de lincher ce dernier. Le malheureux ne devra son salut que grâce à la protection des membres du club visité, de quelques Saint-Gillois et de deux agents de police. Dans « La Vie Sportive » du lundi 30 janvier 1911 nous pouvons lire le commentaire suivant : 

« Le club de Saint-Gilles, pour son malheur, compte parmi ses admirateurs les plus passionnés un certain nombre de gens sans aveu dont le football belge n’a vraiment pas besoin »

L’Union n’est pas le seul club belge à être confronté aux problèmes de violence. Le FC Brugeois ainsi que le Racing Club Malines ont également d’énormes soucis avec leur public.

La victoire des Unionistes en terre malinoise (0-3) sera  l’occasion pour les supporters locaux de montrer aux Saint-Gillois qu’ils ne détiennent pas le monopole de la brutalité. A la sortie des vestiaires, une pluie de pierres s'abat sur la délégation unioniste en route vers la gare de Malines!Après ces deux rendez-vous mouvementés, l’Union reçoit les Anversois du Beerschot. Les « mauves et blanc », qui naviguent en milieu de classement, ne parviennent pas à mettre les Unionistes en difficultés et s’en retournent dans leur belle métropole avec une défaite de plus à leur actif (2-0).

Même si l'Union ne domine plus ses adversaires, comme les saisons précédentes, sont deuxième tour est appréciable avec 7 victoires pour seulement une défaite. c'est donc tout naturellement que la presse qualifie la partie entre le leader du CS Brugeois et l'Union de sensationnelle. Le public, très nombreux, ne regrette pas de s'être déplacés car le spectacle est de toute beauté. Les Brugeois jouent en champion et empilent six goals aux "Apaches" saint-gillois. Malgré cette lourde défaite (2-6), les spectateurs resteront très corrects.

L'Union perd le titre au profit des Brugeois et termine en quatrième position !

 

 

Tournoi International du Léopold Club

Coupe Jean Dupuich

 

Après avoir fait l'impasse de 1908 à 1910 sur le tournoi international organisé par le Léopold Club, l'Union retrouve cette compétition avec un certain plaisir. Seules, deux équipes étrangères ont été invitées à participer à cet évènement : Ilford FC et Bishop Auckland FC, deux clubs amateurs anglais réputés.

 

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Blason d'Ilford FC
 
 

Ilford FC fut fondé en 1881 et fut l'un des neufs clubs fondateurs de la Southern League en 1894. La Southern League regroupait les clubs du Sud du pays restés amateurs contrairement aux clubs du Nord, bien plus avancés dans la voie du professionnalisme, qui créèrent dès 1888 la Football League réservée aux clubs Professionnels.

En 1905-06, Ilford FC participe à la mise sur pied de l'Isthmian League, compétition réservée aux amateurs purs et durs, la Southern League ayant entretemps opté pour le semi-professionnalisme. Ilford FC gagnera l'Isthmian League en 1907.

 

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 Blason de Bishop Auckland FC

 

Quand à l'équipe du Bishop Auckland FC, elle fut fondée en 1882 par des étudiants en théologie, en provenance des universités d'Oxford et de Cambrigde, venus étudier au chateau d'Auckland, résidence de l'évêque (Bishop) de Durham. Cependant, le nom de Bishop Auckland FC ne sera adopté qu'en 1893. C'est sous ce nom que le club rejoint la Northern League, pendante nordique de la Southern league (League du Sud). Au moment d'entamer le tournoi, Bishop Auckland FC a déjà remporté 6 championnats de la Northern League dont celui de 1909-10.

15:59 Écrit par Union 1897 dans Histoire 1910 - 1920 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |